Collection n°02

Pour cette deuxième collection, nous avons choisi de nous intéresser à l'entourage des personnes incarcérées. Pourquoi ce thème ? Parce que l'on parle souvent des détenus, mais presque jamais de l'impact de la détention sur leurs proches. Il nous tenait à cœur de les mettre en lumière.

Pour incarner nos recherches, nous avons créé Mitchell et Michel : un duo fictif de journalistes d'investigation passionnés par les sujets sociaux. Incisifs et déterminés, ils ont enquêté pour obtenir des réponses et rédiger l'article présenté ci-dessous.

Nos vêtements les habillent, leur donnent vie et servent le propos de nos deux reporters opiniâtres. Chaque pièce symbolise une émotion ou une épreuve traversée par ces proches :

  • La Robe Myshellie : l'amour
  • Le Pantalon Michael : la séparation
  • Le Manteau Michelle : l'invisibilité
  • Le Haut Mitchel : le temps qui passe


 

L’entourage des détenus

 

Par Mitchell et Michel

Introduction

À la suite du visionnage d’un reportage sur les prisons, nous avons voulu nous intéresser à l'entourage des détenus, car nous nous sommes aperçus que l’on parle souvent de la prison et des personnes qui y sont incarcérées, mais rarement des conséquences qu'une incarcération peut causer à la famille ou aux proches.

Avant de commencer, il est important de savoir ce qu'est une prison : un établissement pénitentiaire est un lieu fermé où sont détenues les personnes privées de liberté par décision de justice. Elle sert principalement à exécuter les peines d'emprisonnement prononcées par les tribunaux ou à maintenir en détention provisoire les personnes en attente de jugement.

Son rôle est punitif, mais aussi préventif et rééducatif :

  • Punitif, car elle sanctionne une infraction à la loi.
  • Préventif, car elle vise à protéger la société en isolant les personnes jugées dangereuses
  • Rééducatif, car elle doit favoriser la réinsertion sociale des détenus après leur peine.

En France, il existe plusieurs types de prisons selon la situation du détenu :

  • Maisons d'arrêt : pour les personnes en détention provisoire ou condamnées à de courtes peines.
  • Centres de détention : pour les condamnés à des peines moyennes, avec un régime plus ouvert.
  • Maisons centrales : pour les longues peines et les détenus considérés comme les plus dangereux.

Pour cette recherche, nous avons beaucoup lu, écouté des podcasts et regardé des vidéos sur le sujet. Nous avons eu l'occasion de nous déplacer devant une maison d'arrêt pour observer l'ambiance et le fonctionnement, et d'y rencontrer des gens qui ont su répondre à nos questions et rendre ce travail beaucoup plus profond. Nous avons également eu quelques entretiens téléphoniques avec des associations. Malheureusement, nous n'avons pas pu visiter de prison, car nous n'avons pas obtenu d'autorisation malgré nos différentes demandes.

Tout cela nous a permis de mettre en avant ce que subit l'entourage et d'avoir un nouveau regard sur le système pénal en étudiant ses conséquences.

Cela nous a poussés à repenser les sanctions pénales, car le système sacrifie souvent les liens sociaux.


I - Le coût financier

L'incarcération d'un proche a un impact financier sur sa famille et son entourage. D'abord parce que la personne n'est pas forcément incarcérée près de son domicile : depuis plusieurs années, les prisons sont construites en périphérie, en dehors des villes, pour des questions budgétaires et de place, ce qui les rend plus difficiles d'accès. Les établissements étant surchargés, on envoie souvent les détenus là où il y a de la place. La famille doit donc se déplacer, ce qui engendre des frais d'essence, de train, parfois des nuits d'hôtel. Dans certains cas, cela va jusqu'au déménagement pour se rapprocher, ce qui bouleverse toute une vie personnelle et financière.

Ces allers-retours demandent aussi beaucoup de temps, ce qui oblige des familles à poser des jours pour rendre visite à leur proche. Certaines vont même jusqu'à prendre un congé parental pour aller voir le détenu et s'occuper des enfants en même temps. D'autres ont perdu leur travail à cause de toutes ces absences, ce qui accroît encore les inégalités.

Il faut souvent payer le loyer de la personne incarcérée pour qu'elle le retrouve après son séjour en prison. Cela facilite sa réinsertion, car elle a un lieu où dormir en sortant. Les familles plus pauvres, elles, ne peuvent pas se le permettre, ce qui donne moins de chances au détenu de ne pas récidiver. Ou alors elles le paient, mais au détriment de leur vie personnelle, en faisant plus de concessions et en s'appauvrissant encore plus.

La vie en prison coûte cher. Si l'on veut que son proche mange décemment, il faut lui envoyer de l'argent pour qu'il puisse s'acheter de la nourriture, car là-bas, les approvisionnements sont coûteux. Ces achats sont importants pour les détenus, ils leur permettent d'avoir du confort et du réconfort. À cela s'ajoutent les frais d'avocats, les dédommagements des victimes et les amendes. Il faut également continuer à gérer le foyer, alors qu'il n'y a plus qu'une seule entrée d'argent pour payer toutes les charges quotidiennes. Parfois, les familles sont même poussées à déménager car le bail est au nom du prisonnier.

Même la communication a un coût, que ce soit par appel ou par courrier : en France, un appel de dix minutes vers un portable revient à environ 2,30 €, soit un demi-jour de travail pénitentiaire, la rémunération moyenne d'un détenu étant autour de 4,50 € par jour.

Tout cela crée des inégalités sociales ; les personnes plus aisées peuvent rendre visite plus souvent à leur proche, contrairement aux familles défavorisées. Et le coût financier se répercute sur le détenu lui-même, car la présence de la famille a un impact positif sur la réinsertion : plus la personne est entourée, plus le risque de récidive diminue.

Ces dépenses appauvrissent donc les plus pauvres et créent de la délinquance, ce qui nous amène à rappeler la citation de Michel Foucault : « la prison fabrique indirectement des délinquants en faisant tomber dans la misère la famille du détenu ».

Concrètement, pour recevoir ou envoyer de l'argent, les personnes incarcérées sont obligées d'avoir un compte nominatif — il est interdit d'avoir de l'espèce ou une carte bancaire. Elles peuvent en recevoir de la part des parents, du conjoint ou des amis. Souvent, chaque semaine, les familles envoient une petite somme : parfois 20 euros, parfois 50, mais assez pour que leur proche vive un peu mieux, se lave, mange autre chose que le plateau fade du soir, appelle ou écrive. La prison ne fournit que le strict minimum : un savon, quelques repas, un matelas. Tout le reste — produits d'hygiène, cigarettes, journaux, radio, matériel informatique, timbres, appels — est à la charge du détenu. Il l'achète ou le loue, une télé par exemple, auprès du service de commande de la prison, appelé « la cantine ». Et comme il ne gagne presque rien à l'intérieur, ce sont ceux de dehors qui paient.

C'est un geste qui devient un rituel, une preuve d'amour à distance. Ce qu'ils envoient est peu, mais pour ces familles, c'est souvent beaucoup. Le sociologue Didier Fassin parle d'une « peine par ricochet » : une peine invisible, silencieuse, qui frappe ceux qui ne sont pas condamnés mais qui en portent le poids. L'argent envoyé devient un fil qui relie, mais aussi une corde qui tire, tendue entre amour, culpabilité et fatigue. L'inverse existe, mais reste très rare : il y a peu de travail en prison, et il est si mal payé qu'il suffit à peine à couvrir les besoins du détenu.

Le travail, justement, n'est pas obligatoire en prison. Il y a très peu de places, c'est peu valorisant et peu diversifié, alors que ce serait l'endroit idéal pour acquérir de nouvelles compétences, découvrir de nouveaux métiers et se remotiver pour la réinsertion. Pour le peu de personnes qui arrivent à travailler, la rémunération est vraiment minime, ce qui est dévalorisant et donne le sentiment de travailler pour rien. Il existe également des formations, mais elles ne sont pas forcément rémunérées. Quant à ceux qui ne savent pas lire ou écrire, ils se retrouvent exclus de nombreuses activités, car les inscriptions se font par écrit et peu de soutien leur est proposé — là encore, les inégalités s'accentuent.


II - L'aspect social

L'incarcération d'un proche a aussi une incidence sur la vie sociale de son entourage, et cela commence dès l'arrestation : dans le cadre des enquêtes, le voisinage et l'entourage du prisonnier sont interrogés, ce qui ébruite l'affaire. La famille hérite alors du statut de « famille de détenu », associé à des images de vulgarité, de manque d'éducation, de faiblesse intellectuelle et de dangerosité. Les proches ont souvent la réputation d'être des « cas sociaux ».

L'expérience carcérale, en tant qu'épreuve identitaire, s'élargit ainsi à eux : ils se sentent jugés, humiliés. Le statut de « femme de détenu » ou de « mère de détenu » supplante toute autre identité sociale pour devenir le statut principal. La stigmatisation est forte, que ce soit de la part du voisinage, de la famille élargie ou des institutions comme l'école et le travail. Les enfants en pâtissent aussi, victimes de moqueries ou de jugements. Ce rejet pousse certains à quitter leur logement, ce qui accentue encore la solitude, puisqu'ils s'éloignent de leurs connaissances pour se retrouver seuls dans un nouvel endroit.

Le soutien manque souvent, car la famille et les proches coupent les ponts ou font du chantage, en les obligeant à choisir entre eux et le détenu. Ils ne se sentent pas écoutés, ce qui engendre une grande solitude et les renferme sur eux-mêmes. Souvent, la société minimise la situation ou ne la comprend pas, et la personne finit par s'isoler parce qu'elle se sent incomprise. L'isolement devient encore plus intense pour ceux qui sont les derniers à rendre visite au prisonnier : être le seul à maintenir le lien fait naître un sentiment de culpabilité ; on porte seul la responsabilité de la relation, en craignant de ne pas en faire assez, sans pouvoir en parler à personne puisque le sujet est tabou.érange.

Pour éviter le jugement, de nombreux proches cachent la vérité. Ils mentent à leur entourage, taisent la situation par peur d'être rejetés. La prison demeure un sujet tabou, associé à la honte et à la culpabilité, et ce silence isole encore davantage ceux qui attendent, tout en renforçant leur fatigue mentale et émotionnelle. D'où un grand besoin de parole : parler de la honte, du jugement social, du sentiment d'impuissance face à une vie bouleversée. Pour beaucoup, l'incarcération d'un proche devient une épreuve silencieuse qui les enferme autant que la prison elle-même.

Les relations de couple pâtissent également de l'emprisonnement. Elles sont soumises à une tension extrême : absence de contact physique, manque d'intimité, rythme des parloirs, jalousie, idéalisation ou lassitude. Certains couples se consolident grâce à la fidélité, l'attente et la correspondance, les lettres devenant un pilier du lien amoureux. D'autres se brisent, car la prison révèle des déséquilibres, des dépendances affectives, ou une réalité fantasmée. La sexualité, rendue quasi impossible, génère frustration, honte ou refoulement. Gwénola Ricordeau évoque à ce sujet les débats autour des unités de vie familiale (UVF) comme solution partielle. Pour le partenaire de l'incarcéré, tout cela accentue la solitude : il perd ses repères et se sent souvent mal compris.

Chaque famille vit cette épreuve différemment, et on peut en distinguer plusieurs formes :

  • L'expérience dévastatrice : elle est vécue comme une cassure identitaire, une épreuve uniquement négative, surtout pour ceux qui croient en l'innocence du détenu ou pour les familles issues de milieux privilégiés, peu habituées à la prison.

  • L'expérience retournée : certaines familles parviennent à donner un sens à cette épreuve. Elles y voient des aspects positifs : un détenu qui change, devient plus respectueux, une stabilité retrouvée, et pour les femmes, la découverte de nouvelles compétences en assumant seules les responsabilités. C'est une façon de transformer le stigmate en apprentissage.

  • L'expérience combative : d'autres refusent la honte et assument publiquement leur statut de famille de détenu. Ils cherchent à combattre les stéréotypes, parfois en s'exprimant dans les médias ou en contestant la légitimité de la peine.

III - L'enfermement par procuration

L'enfermement par procuration démarre dès l'incarcération, car la famille subit un choc carcéral. La procédure judiciaire, souvent brutale et opaque, plonge les proches dans l'incertitude et la sidération. L'enquête empiète sur leur vie privée : ils sont soupçonnés, passés en interrogatoire, parfois mis en examen, leur vie est scrutée, avec l'impression de ne plus avoir aucune intimité. Marion, 65 ans, mère d'un détenu écroué en maison centrale, le raconte dans un témoignage recueilli par Caroline Touraut : « Le lendemain de son arrestation, sans nous prévenir, deux voitures de police débarquent, et alors ça c'est traumatisant parce qu'ils sont sans discrétion. On n'avait pas le droit de bouger [...] et moi c'est vrai que j'ai mis des mois avant de ne plus craindre l'arrivée de la gendarmerie à la maison. Notre maison, c'était notre maison, on ne pouvait pas toucher à notre maison, et encore maintenant, ce n'est plus pareil, c'est-à-dire que cela nous dépossède [...]. Pour moi c'est aussi le fait qu'on vous soupçonne et qu'on vous humilie, c'est de l'humiliation, parce qu'ils vous suivent partout, ils fouillent partout… Si bien que quand on est confronté à ça, on se sent nu, on est rien, on est face à des forces qui ont tous les droits, on n'est plus sécurisé, voilà. »

Ensuite vient l'inquiétude, et elle est constante. Car on le sait, les prisons ne sont pas un lieu de sécurité : il peut arriver des drames, de la violence entre détenus, ou des maltraitances de la part de certains gardiens. L'entourage s'inquiète aussi de savoir si son proche mange à sa faim, s'il dort bien. Et les conditions de détention lui donnent raison. Avec la surpopulation, ils peuvent être jusqu'à cinq dans une cellule, le matériel manque, les détenus ne peuvent se doucher que trois fois par semaine. Il n'y a pas de réfectoire, les repas sont apportés directement en cellule, et souvent il n'y a pas assez de plateaux pour tout le monde, si bien que les plus précaires ne mangent pas à leur faim. Les personnes incarcérées passent la majorité de leur temps enfermées, ne sortant que pour les promenades, les parloirs ou les rendez-vous médicaux. La surpopulation aggrave aussi le manque de personnel médical, entraînant des absences de suivi et des traitements qui n'arrivent pas jusqu'aux cellules. Ce manque de suivi psychologique a de lourdes conséquences : il y a eu 136 suicides en 2025.

À tout ça s'ajoute le silence de l'administration, qui leur met une boule au ventre permanente. Prune, 45 ans, épouse d'un détenu écroué en maison centrale, témoigne auprès de Caroline Touraut : « Trois mois après le mariage, il a fait un infarctus, quatre heures à le réanimer et moi je l'ai su une semaine après et c'est un détenu qui me l'a dit ! »

Il faut dire que la prison tend à déshumaniser les détenus. Ils ne sont plus perçus comme des individus à part entière, mais comme des numéros, des erreurs ou des menaces, et rares sont ceux qui s'intéressent à leur histoire personnelle ou à leurs émotions. Le temps semble alors suspendu, les journées deviennent longues, vides et monotones. La souffrance est omniprésente, à travers les injustices ressenties, la dureté du quotidien, les humiliations ou certaines formes de maltraitance. Le manque de contact humain, l'absence de nature et la privation de liberté rendent la détention particulièrement éprouvante, au point que certains détenus s'interrogent sur leur capacité à se réadapter à la vie extérieure une fois leur peine terminée. La situation est souvent encore plus difficile pour les femmes : elles ont moins accès aux formations et à certains soins, et sont fréquemment incarcérées loin de leur famille, en raison du faible nombre d'établissements qui leur sont destinés, ce qui accentue leur isolement et complique leur réinsertion. Quant aux conditions de détention elles-mêmes, elles sont régulièrement dénoncées pour leur vétusté et leur insalubrité, avec des conséquences importantes sur la santé physique et mentale des personnes détenues.

L'ensemble de ces difficultés nourrit l'inquiétude des proches, dont l'esprit reste constamment tourné vers la prison. La gestion administrative des demandes, des transferts ou des informations médicales est une source permanente de frustration et de colère. C'est ce que certains chercheurs qualifient de « détention par procuration ».

Les conséquences sur leur santé sont nombreuses : troubles du sommeil, fatigue chronique, stress permanent, tensions psychologiques. Ils doivent souvent assumer seuls l'ensemble des responsabilités du quotidien — la gestion financière, l'éducation des enfants, les tâches ménagères, les démarches administratives et l'organisation des visites au parloir. Cette accumulation de charges peut entraîner des épisodes dépressifs, une consommation accrue de médicaments, de l'anxiété chronique et parfois des troubles physiques liés au stress.

Le sentiment d'impuissance est également très présent. Les proches sont confrontés à des décisions judiciaires sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle, et doivent supporter l'attente des jugements ou de la fin de la peine. Leur vie semble suspendue pendant toute la durée de l'incarcération : beaucoup renoncent à faire des projets et attendent simplement le moment où ils pourront retrouver leur proche. Cette impression d'être « entre parenthèses » est renforcée par le manque d'informations sur l'avancement des procédures.

S'y mêlent des émotions parfois contradictoires. Certains éprouvent de la colère envers la personne incarcérée et cherchent à comprendre pourquoi elle a commis l'acte qui l'a conduite en prison, avec un conflit intérieur entre l'amour qu'ils lui portent et le ressentiment lié à ses actes. D'autres ressentent une profonde culpabilité, particulièrement les parents, qui s'interrogent sur leur propre responsabilité : « Qu'ai-je fait de mal ? », « Qu'aurais-je pu faire pour éviter cette situation ? ». Ces questionnements alimentent un sentiment d'injustice, d'incompréhension et une remise en question permanente.

Certaines périodes ravivent tout ça. Durant les fêtes, les prisons peuvent se montrer plus indulgentes sur les permissions de visite, en en donnant une supplémentaire, car c'est un moment où le manque se fait énormément ressentir. Des associations organisent parfois des ateliers de Noël qui permettent de passer du temps ensemble. Mais les cadeaux ne peuvent pas être donnés directement au parloir, alors beaucoup préparent un petit colis symbolique (carte, photo, mots des enfants…) souvent très attendu. Et il reste la culpabilité, ou ce vide à table quand une chaise reste vide.

Enfin, ces difficultés donnent l'impression de ne jamais finir, même après la libération. Les conditions de liberté conditionnelle et l'existence d'un casier judiciaire continuent d'affecter l'entourage, qui doit s'investir longtemps après l'incarcération : s'occuper des formalités pour aider son proche à sortir, fournir des justificatifs pour prouver qu'il peut l'accueillir, puis l'aider à trouver un emploi et à se réadapter. Les retrouvailles elles-mêmes peuvent être stressantes, car une personne change souvent après une expérience en prison. Il faut réapprendre à se connaître, à se comprendre, et ce n'est pas facile pour tout le monde.

Ce qui frappe, au fond, c'est que les familles ne sont jamais prises en compte lors de la détermination de la peine, alors qu'elles n'ont rien fait. Il serait nécessaire de placer les liens sociaux au centre de la réflexion pénale, pour rendre la peine moins dure pour elles et aider le détenu à mieux se réintégrer. Car elles sont au cœur de l'incarcération : leur vie quotidienne comme leurs événements importants tournent autour de la personne incarcérée, et leur tête est sans cesse en prison avec elle.

IV - La séparation

La séparation est l'une des conséquences les plus directes de l'incarcération. L'absence physique se fait beaucoup ressentir, mais surtout l'absence spirituelle. Que ce soit pour le proche ou pour le détenu, elle a un véritable impact sur la santé mentale, car elle crée de la solitude et un manque de communication. Elle peut aussi être violente géographiquement : du jour au lendemain, on se retrouve seul, physiquement comme psychologiquement. Chaque visite devient une expédition, chaque trajet un rappel de la distance que la société a creusée entre « eux » et « nous ». Le lien humain se perd, et sans ce lien, le risque de récidive augmente.

Trois moyens permettent de le maintenir : la lettre, le téléphone et le parloir.

Les lettres. Dès son arrivée en prison, un détenu reçoit un kit courrier : du papier, un stylo, des enveloppes et des timbres. Il peut écrire tous les jours, sans limitation, aux personnes de son choix, et déposer ses lettres dans les boîtes présentes dans son quartier pénitentiaire. Il peut aussi en recevoir de n'importe qui — mais jamais avec de l'argent à l'intérieur. Ces courriers sont payants pour lui comme pour l'entourage, et peuvent être lus par l'administration pénitentiaire, ce qui crée un manque d'intimité et la peur de dire quelque chose qui mettrait l'autre dans l'embarras. Les mails existent aussi, entre 1,50 € et 2,50 € par envoi selon la longueur : l'administration les reçoit, les imprime et les remet au prisonnier. Les colis sont possibles également, si le chef d'établissement l'autorise. Malgré ces contraintes, les lettres deviennent une véritable « matière affective » : un moyen de maintenir la présence, d'affirmer l'amour, de lutter contre le temps.

Le téléphone. Chaque établissement met des cabines à disposition. À l'arrivée en détention, une carte téléphonique d'un euro, soit environ cinq minutes d'appel, est remise au détenu ; ensuite, il doit souscrire un forfait payant auprès de l'établissement. Il est autorisé à appeler sa famille, son avocat, et les personnes qui peuvent l'aider à préparer sa réinsertion. Les appels vidéo sont possibles, mais seulement avec l'autorisation de l'administration et si le correspondant a téléchargé une application spéciale. Là encore, les conversations peuvent être écoutées, enregistrées et interrompues par des surveillants, ce qui renforce la sensation de ne jamais être libre de s'exprimer. Et le droit de téléphoner peut être retiré provisoirement ou définitivement, ce qui inquiète encore plus l'entourage, privé de nouvelles et sans savoir si tout se passe bien à l'intérieur.

Le parloir. C'est le seul moment en face à face, et tout y est source de stress, bien avant la rencontre elle-même. Il y a d'abord la partie administrative : le permis de visite, dont le délai d'obtention est d'environ un mois, et la prise de rendez-vous par téléphone, sur borne ou sur Internet, souvent via France Connect, ce qui n'est pas toujours simple pour tout le monde. Les familles qui habitent loin, peuvent demander un parloir prolongé d'environ 1h30, en deux fois 45 minutes. Le jour venu, il faut se présenter muni d'une pièce d'identité et de son permis, déposer dans un casier tous les objets qu'on apporte au détenu (linge, livres, DVD…) afin qu'ils soient contrôlés, puis passer par le dépôt, car pendant le parloir, on ne peut rien donner directement. Si un visiteur est suspecté d'avoir commis une infraction près de la prison, des agents habilités peuvent procéder à une palpation de sécurité et, avec son accord, à une fouille.

En principe, la visite se déroule dans un parloir sans vitre. Par exception, il peut être vitré, en cas d'incident survenu lors d'une visite précédente, ou si le détenu ou son visiteur en fait la demande. Les discussions doivent avoir lieu en français, sauf si le permis prévoit autre chose. Les surveillants ne sont pas physiquement présents, mais ils peuvent écouter et regarder pour contrôler que tout se déroule correctement, encore un manque d'intimité. Et une liberté d'expression bridée par la peur de dire quelque chose de mal interprété. Seules les visites en parloir familial ou en unité de vie familiale (UVF) échappent à cette surveillance continue et directe.

Avant la visite, les familles ressentent souvent une forte appréhension. Elles s'inquiètent de l'état physique et moral de leur proche et réfléchissent sans cesse à ce qu'elles souhaitent lui dire pendant ce temps limité. Le parloir est d'ailleurs vécu de manière ambivalente : c'est un moment de joie, puisqu'on retrouve un être cher, mais aussi une forme de souffrance, car ces échanges restent courts, surveillés et sans réelle intimité. Le temps passe trop vite, ce qui rend la séparation d'autant plus difficile. Et sur le moment, la famille se retrouve souvent démunie : comment parler à son proche sans raviver la souffrance ? Faut-il évoquer la prison ou, au contraire, la vie à l'extérieur ? Dans les deux cas, la communication reste difficile, alors souvent, on parle de l'actualité. Beaucoup expriment la sensation d'être enfermés eux aussi, d'organiser leur vie autour des horaires de visite, des autorisations, des transferts.

Pour les visiteurs, la première fois est particulièrement marquante. Dès l'entrée, ils découvrent un univers à part, avec une odeur mêlant le métal, l'humidité et les produits désinfectants. L'enfermement se ressent immédiatement à travers le bruit constant des portes, des verrous, des cris ou des sirènes, dont les échos s'entendent parfois jusque dans les environs de l'établissement. Le fonctionnement même du lieu renforce ce sentiment d'oppression : quand une porte s'ouvre, une autre se referme, les surveillants sont omniprésents, souvent en uniforme, et la présence d'armes rappelle en permanence le caractère sécuritaire du lieu. C'est aussi la découverte de l'environnement dans lequel vit la personne détenue, un espace clos où tout est surveillé, observé et consigné. Les parloirs sont simples, une table et quelques chaises, souvent exigus et peu entretenus, avec des traces visibles de dégradation sur les murs ou les sols. Les espaces d'accueil, eux, sont fréquemment perçus comme froids et déshumanisants, ce qui est particulièrement difficile pour les familles et les enfants. Certains proches décrivent également des interactions distantes avec le personnel pénitentiaire, dont l'attitude peut renforcer le sentiment d'intimidation et donner l'impression que leurs émotions et leur place ne sont pas prises en considération.

Il faut donc beaucoup de courage pour se rendre au parloir. Et au moindre problème, l'entrée peut être refusée, tout incident mettant en cause un visiteur peut entraîner la suspension ou le retrait de son permis de visite. On a pu observer une de ces situations en s'installant devant une prison : une famille venait d'être refusée, et on sentait leur frustration, leur tristesse, leur déception. On n'a pas osé les interroger pour ne pas les déranger, mais ça nous a procuré beaucoup de peine pour eux, qui avaient pris le temps de se déplacer.

Le plus dur reste malgré tout le départ. Quitter le proche après le parloir est un moment très douloureux : le bruit de la porte qui se referme est brutal, presque violent. Le soir est le pire, car ils savent que la personne détenue est seule, enfermée, sans réconfort, et cette pensée les accompagne longtemps après la visite. Les proches cherchent d'ailleurs à prolonger symboliquement ce moment partagé, à travers des instants de silence, de fatigue ou de réflexion, avant de reprendre le cours de leur quotidien. L'inquiétude, elle, ne les quitte pas : peur des bagarres, de la maladie, du manque de soins. Les familles vivent dans un état d'alerte silencieux, toujours prêtes à s'inquiéter d'un appel manqué ou d'une nouvelle.

V - Le temps

Le temps est une notion très précieuse, car une fois passé, on ne peut pas le récupérer. Et quand on a un proche en prison, il en faut énormément.

Les visites en prennent d'abord une grande part : le trajet, le rendez-vous en lui-même, les fouilles. Dans la maison d'arrêt où on s'est rendus, les proches doivent se présenter environ 40 minutes à l'avance et patienter dans une salle d'attente. Le parloir dure environ 45 minutes, ou une heure et demie pour ceux qui viennent de loin, et toute la procédure prend une heure et demie. Beaucoup de familles arrivent même une heure en avance, car un retard de deux minutes suffit à faire refuser la visite. Ce qui ajoute du stress, et une immense frustration à l'idée d'avoir fait tout ce trajet pour rien, en perdant un des rares moments avec son proche.

Maintenir le lien demande ensuite un investissement constant : écrire, appeler, mais aussi s'occuper de toutes les démarches administratives. Celles du jugement et des frais d'avocats, celles de l'organisation des visites, puis celles de la sortie, sans compter qu'il faut souvent travailler plus pour subvenir aux besoins du foyer et permettre au détenu de vivre plus décemment. Et une fois dehors, il faut encore l'aider à se reconstruire et à se réintégrer à la société, ce qui n'est pas facile avec la stigmatisation qu'il subit.

Enfin, il y a l'attente, qui rend le temps long. Attente du jugement, de la peine, de l'administration, de la réinsertion : ce flou dans lequel se retrouvent le détenu et son entourage rend le moment encore plus douloureux et inquiétant. Et entre chaque appel, chaque courrier, chaque parloir, l'attente renforce l'inquiétude et le manque.

Au bout du compte, la prison structure les vies bien au-delà de ses murs : les horaires, les émotions, les relations familiales sont ajustés autour de ce lieu clos. Ce n'est pas la prison qui s'adapte à la société, mais la société (les familles, les proches…) qui doit s'adapter à la prison. Certaines s'organisent de manière impressionnante : une femme a par exemple commencé à travailler de nuit pour pouvoir s'occuper de ses enfants la journée et rendre visite à son proche incarcéré.

VI - La solidarité

Comme le schéma familial est bouleversé, l'emprisonnement d'un proche crée une nouvelle solidarité. Les mères deviennent souvent cheffes de famille isolées, cumulant charge émotionnelle et financière. Les parents âgés continuent à soutenir leur enfant détenu, moralement et matériellement. Les enfants, eux, vivent entre silence, honte et fidélité : certains cachent la situation, d'autres se retrouvent stigmatisés à l'école. Certaines familles manifestent une solidarité inconditionnelle, faite de visites régulières, de soutien financier et de lettres. D'autres adoptent une solidarité conditionnelle, limitée ou interrompue en cas de récidive, de conflit moral ou de distance affective.

Pour tenir, les proches développent des stratégies de survie émotionnelle : entraide entre familles, engagement associatif, écriture, foi religieuse. Une solidarité apparaît souvent entre familles de détenus, parce qu'elles vivent la même chose, ça leur permet de se comprendre, de moins se sentir seules, et ça rend l'attente au parloir plus agréable.

Ce sont surtout les compagnes, les mères et les sœurs qui jouent un rôle central dans la préservation des liens : elles écrivent, organisent les visites, s'occupent des enfants, gèrent les démarches juridiques. Cette solidarité féminine se double d'une charge émotionnelle intense, comparable à un second emploi : soutenir moralement le détenu, cacher sa détresse, maintenir un espoir collectif. Dans certaines communautés, elle est même perçue comme un impératif moral : « On aide celui qui est tombé, parce que demain, ce pourrait être nous », comme l'explique Gwénola Ricordeau dans sa thèse. Mais elle a ses limites. Beaucoup de femmes finissent par s'épuiser et se sentir prisonnières à leur tour : « J'ai l'impression de purger sa peine avec lui », confie une enquêtée.

Plusieurs associations existent pour les aider et les écouter. Certaines mettent des questionnaires à disposition des familles afin d'identifier ce qui pourrait être amélioré et de transmettre ces informations aux services pénitentiaires. À Noël, elles permettent aussi aux familles d'envoyer un colis à leur proche, souvent le seul moment de l'année où c'est possible : l'une d'elles se charge de tout transporter, et offre les surplus aux détenus qui n'ont pas de proches, créant ainsi un vrai élan de solidarité.

On a pu l'observer dans la maison d'arrêt où on s'est rendus. Dans la salle d'attente, deux personnes d'une association avaient apporté de quoi grignoter pour les familles et étaient là pour les écouter, les réconforter, ou simplement leur offrir une présence bienveillante. C'est souvent le seul espace où elles peuvent souffler et parler librement, avant ou après la visite. L'accueil, c'est leur espace, leur point d'ancrage. L'association y propose aussi une activité par mois, pensée pour créer du lien et offrir un moment d'évasion. C'est là qu'une femme qui attendait a commencé à se livrer à nous, avant qu'une personne travaillant sur place n'interrompe la conversation, faute d'autorisation. Elle, elle voulait continuer, et disait que ça ne la dérangeait pas. Dans son regard, on ressentait une immense tristesse mêlée de fatigue, un mélange de résignation et d'amour. Elle semblait se sentir seule, avec un profond besoin de réconfort et d'écoute. On a aussi pu parler avec une maman dont le fils était incarcéré depuis un an, très ouverte, et dont on sentait le besoin de communiquer. Ces échanges furent brefs, et on regrette de ne pas avoir pu les prolonger, mais après toutes ces recherches, rencontrer des personnes réellement concernées rend le sujet beaucoup plus réel.

On a observé la même chose en voyant les familles sortir de la prison : elles se parlaient entre elles, souvent avec le sourire, et ça faisait du bien de les voir s'entraider et s'écouter. D'autres restaient plus solitaires, ce qui se comprend, l'envie d'être seul après un moment intense et peut-être douloureux. Mais derrière les sourires, on sentait une sorte de tristesse dans leurs yeux, une souffrance liée à la situation. On ressent beaucoup d'amour et de solidarité, une façon de tenir, de se battre, mais aussi de la fatigue et des sourires fragiles, selon les jours. Chaque visite est une épreuve différente.

Malgré la honte, la fatigue et la solitude, il y a donc aussi de l'amour et de la loyauté. Certaines familles s'organisent en associations ou en groupes de soutien pour rompre l'isolement, face à une société qui, comme le souligne Ricordeau, refuse de voir la prison comme un phénomène social global.

Conclusion

L'incarcération ne touche jamais une seule personne. Elle transforme les rapports familiaux, redéfinit les rôles de genre et creuse les inégalités sociales. Les familles deviennent des actrices invisibles du système pénal, tout en en étant les victimes collatérales. Chaque incarcération produit un réseau de souffrances partagées, de réajustements et de silences. La famille devient une « communauté pénale diffuse », marquée par la honte, la culpabilité et l'amour, et le maintien des liens familiaux est une forme de résistance humaine face à une institution déshumanisante.

Il faudrait donc repenser la justice en tenant compte de ces effets collatéraux. Les proches de détenus ne sont ni coupables ni spectateurs : ils sont co-victimes du système carcéral. La politique pénitentiaire devrait reconnaître cette réalité et offrir un accompagnement global des familles, pour rompre le cycle de l'exclusion et de la honte.

Car la situation actuelle combine surpopulation, dégradation des conditions de vie, insuffisance des moyens humains et faible prise en charge sanitaire, notamment psychiatrique. Ce contexte favorise la persistance des réseaux criminels au sein même des établissements et fragilise la sécurité du personnel. Les réponses politiques oscillent entre promesses d'augmentation des places et mesures sécuritaires, sans qu'un véritable dispositif de réinsertion et de soin ne soit mis en place. Le résultat est un cercle vicieux : des établissements surchargés, des suivis post-détention insuffisants, et une réinsertion qui peine à exister. Ces mesures punitives la rendent même quasi impossible, puisque plus d'isolement équivaut à moins d'accompagnement, donc à plus de récidive potentielle. Le choix politique en France reste pourtant majoritairement répressif, privilégiant la fermeté et l'augmentation de places sur des politiques de prévention et de soin.

Il existe pourtant des peines plus favorables à la réinsertion. La semi-liberté, d'abord, un aménagement qui permet à une personne détenue de sortir dans la journée pour travailler, suivre une formation ou faire un stage, puis de revenir y dormir chaque soir : une étape entre la détention totale et la liberté conditionnelle, qui favorise une réinsertion progressive. Le placement sous surveillance électronique (PSE), ensuite, plus connu sous le nom de bracelet électronique, qui permet de purger sa peine à domicile sous contrôle constant. C'est une alternative à l'incarcération ou une sortie progressive, qui vise à désengorger les prisons, maintenir les liens familiaux et éviter la désocialisation liée à l'enfermement total, une manière de responsabiliser le détenu tout en assurant un suivi strict. Mais il a ses limites : certains dénoncent un effet de « prison à domicile », très contraignant psychologiquement, d'autres rappellent qu'il ne convient pas à tout le monde, notamment sans logement stable. Et pour certains détenus, le bracelet reste un symbole de contrôle permanent plutôt qu'une vraie liberté.

Personne n'est à l'abri de finir en prison, tout le monde est concerné. Du jour au lendemain, une vie peut être complètement chamboulée. C'est pourquoi il est important de ne pas juger, mais plutôt d'écouter, de comprendre, d'accueillir, de faire preuve de bienveillance et d'empathie. Des ateliers culturels ou solidaires sont d'ailleurs parfois organisés pour aider les proches à reprendre confiance ou à s'exprimer.

D'autres sujets autour des prisons mériteraient d'être traités. L'incarcération des personnes transexuelles, par exemple : il existe des quartiers qui leur sont réservés, mais elles ne peuvent pas participer aux promenades à l'air libre avec les hommes, pour des raisons de sécurité. Cette mesure, bien qu'elle vise à les protéger, leur retire une part de liberté et de confort supplémentaire. Ou encore le personnel des prisons, les agents, les soignants : confrontés quotidiennement à cette tension, ils sont eux-mêmes suivis psychologiquement, et malgré cela, certains finissent par se suicider à leur tour. La surpopulation entraîne un manque criant de surveillants (il en manquerait environ 4 000) et ce faible effectif accroît leur vulnérabilité : menaces, mises à prix, pressions exercées par des trafiquants sur eux et leurs familles. Une rémunération basse, souvent inférieure à 2 000 €, et l'exposition à ces menaces favorisent des situations de corruption ou de complicité, certains agents cédant sous la contrainte ou pour l'argent. Et là aussi, des voix demandent plus de sévérité : isolement renforcé et contrôles accrus.




Sources : Aux frontières des prisons : les familles de détenus, article de Caroline Touraut — https://journals.openedition.org/conflits/18736 https://childrenofprisoners.eu/wp-content/uploads/2019/09/EJPI_2018-FRENCH.pdf Crédoc : consommation et modes de vie. La prison bouleverse la vie des familles de détenus, par Patrick Dubéchot, Anne Fronteau, Pierre Le Quéau, mai 2000. Thèse de Gwénola Ricordeau, Les relations familiales à l'épreuve de l'incarcération. Solidarités et sentiments à l'ombre des murs (2005). Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vl44LGgb2ZU Source : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14149 https://www.arteradio.com/son/prisonnieres_et_visiteuses https://www.prison-insider.com/articles/france-la-prison-une-epreuve-aussi-pour-les-familles-podcast Podcast : https://www.cicc-iccc.org/en/podcasts/revue-criminologie/gwenola-ricordeau-ariane-amado-andelse-marie-knudsen-les-proches-de-personnes-judiciarisees-experiences-humaines-et-connaissances-carcerales Podcast : https://www.cicc-iccc.org/en/podcasts/revue-criminologie/sophie-de-saussure-and-stacey-hannem-les-proches-de-personnes-judiciarisees-experiences-humaines-et-connaissances-carcerales https://www.youtube.com/watch?v=oZRSveVUCUw Podcast : https://www.insider-podcast.com/episodes/bianca-3-3 Podcast : https://www.cicc-iccc.org/en/podcasts/revue-criminologie/sandra-lehalle-caroline-touraut-and-vanina-ferreccio-les-proches-de-personnes-judiciarisees-experiences-humaines-et-connaissances-carcerales Vidéo Arte, La violence du système carcéral Vidéo Arte, La prison dans la peau « Un faux prophète » (Profils, ARTE Radio) Podcast ARTE Radio – « Téléphone cellulaire » Documentaire ARTE – Le mitard : « la prison dans la prison » La fille des Baumettes – ARTE Radio Réparer les méchants – ARTE Radio Observations sur les parloirs et l'accueil des familles « Prisons à la peine (3/3) : quand réinsérer n'est pas une priorité » — La Loupe, L'Express https://www.justice.gouv.fr/